Google révèle sa stratégie d’informatique quantique avec un objectif de fou

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Google a pour objectif de rendre l’informatique quantique opérationnelle d’ici dix ans, grâce à un nouveau campus Quantum AI dévoilé cette semaine lors de la conférence I/O 2021. Ce campus, situé à Santa Barbara, en Californie, hébergera le premier centre de données quantiques de Google, précise l’entreprise, et sera également l’endroit où elle fabriquera ses propres processeurs quantiques.

On peut dire que l’informatique quantique est devenue ces dernières années un domaine de grande fascination pour l’industrie technologique, mais aussi une source de grande confusion. En réalité, elle s’appuie sur ce que l’on appelle les états quantiques, en traitant généralement les bits quantiques comme des 1 ou des 0, comme dans l’informatique traditionnelle, mais en exploitant les vitesses beaucoup plus rapides auxquelles ces états peuvent être inversés et mesurés.

En tout cas, c’est la théorie. Les entreprises qui travaillent sur l’informatique quantique ont généralement eu du mal à concrétiser les idées qui sous-tendent le processus et à en faire quelque chose de non seulement pratique, mais aussi avec des applications commerciales. Le campus Quantum AI de Google sera donc à la fois un laboratoire de recherche et une tentative de fournir des produits significatifs basés sur cette recherche.

” Afin de construire de meilleures batteries (pour alléger la charge du réseau électrique), ou de créer des engrais pour nourrir le monde sans créer 2 % des émissions de carbone mondiales (comme le fait aujourd’hui la fixation de l’azote), ou encore de créer des médicaments plus ciblés (pour arrêter la prochaine pandémie avant qu’elle ne commence), nous devons mieux comprendre et concevoir les molécules “, explique Erik Lucero, ingénieur en chef du projet Google Quantum AI. “Cela implique de simuler la nature avec précision. Mais on ne peut pas très bien simuler les molécules avec des ordinateurs conventionnels. “

 

Google utilisera l’idée connue sous le nom de qubit ou bit quantique dans l’informatique quantique. Ces derniers sont généralement enchevêtrés dans de multiples états, “reflétant naturellement la complexité des molécules dans le monde réel”, explique M. Lucero.

L’ordinateur quantique correcteur d’erreurs auquel pense le géant de la recherche simulera la façon dont ces molécules pourraient se comporter et interagir, ce qui permettra à Google de créer des modèles complexes et précis plutôt que de fabriquer des prototypes longs et coûteux.

Cette équipe n’est pas la seule à travailler sur ce sujet, mais les ambitions de Google en matière de qubits sont considérablement plus élevées que la plupart des autres.

L’entreprise vise un quantum physique de 1 000 000 de qubits informatiques, composés de “transistors quantiques” composés chacun d’une paire de qubits logiques corrigés des erreurs. Ces transistors individuels devront être reliés entre eux d’une manière ou d’une autre, mais avant cela, Google doit mettre au point la partie correction des erreurs et le codage des qubits.

En résumé, M. Lucero concède qu’il faudra “des années de développement concerté” avant que le système que Google a en tête soit prêt à répondre à certaines des questions profondes auxquelles, selon les experts, les ordinateurs quantiques pourront répondre.

Cela comprendra des améliorations dans la technologie des batteries et l’optimisation de l’IA, des médicaments plus ciblés et une agriculture économe en énergie, ainsi que d’autres changements potentiels dans le domaine technologique et au-delà.